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L'économie des médias en question

Près de 140 000 applications différentes disponibles à travers le monde. Plus de trois milliards de téléchargements depuis le lancement de l’App Store en juillet 2008. Les applis iPhone sont un incontestable succès.

L'iPhone bouleverse la presse - Flicker "dulnan"

Soucieux de ne pas rater le coche, d’autres qu’Apple s’y sont mis (toutes les plateformes répertoriées ici), que ce soit Blackberry ou Google pour son Androïd. Mi-février, 24 opérateurs de télécommunication ont même annoncé (comme le rapporte l’AFP) le lancement d’une plateforme commune d’applications utilisables sur tous les smartphones.

Si les jeux tiennent le haut du pavé des téléchargements, l’actualité, elle aussi, connait un certain succès (voir la part des téléchargements par secteur sur le blog du Figaro). Les applications ont transformé la manière de « consommer » de l’information. Chance pour la diffusion, les applis signent surtout le grand retour des titres de presse. En effet, si avec Google actualité le lecteur ne distinguait pas l’origine d’une information, avec une application on consulte au contraire un titre, un ton.

Une chance donc, mais aussi un passage obligé. Depuis le lancement de la première application française d’information en novembre 2008 (celle du Monde.fr) presque tous les organes de presse ont emboîté le pas. Dernier en date, le site internet d’information slate.fr a lancé la sienne début mars. Pour Johan Hufnagel, rédacteur en chef du site, l’essentiel était de la développer assez vite. L’application est sobre, propose pratiquement tout le contenu du site. « Les gadgets ce n’est pas forcément ce qui marche le mieux » explique-t-il. Si plus d’un an s’est écoulé entre lancement du site et la mise au point de l’application, c’est que la priorité était « d’avoir un site web qui tienne la route », avant de s’étendre aux autres supports.

Pratiquement le dernier absent de l’App store, la plateforme où sont disponibles les applications, le quotidien La Croix prépare la sienne. Elle devrait sortir « dans les trois mois » selon François Ernenwein, rédacteur en chef du journal.

A ce petit jeu là, c’est le premier arrivé qui s’en tire le mieux. Le Monde, en tête,  revendique ainsi 1,9 million de téléchargements pour son application. Loin devant ses concurrents directs. L’application du Figaro, bon second, a été téléchargée 650 000 fois, juste devant celle de 20 minutes (530 000). Reconnu pour son inventivité, le gratuit est présent sur ce créneau depuis février 2009. Libération, qui ne s’y est mis que fin novembre dernier, a annoncé (ici)avoir refait son retard avec plus de 500 000 téléchargements.

L’imbroglio des chiffres de téléchargement

Faramineux au regard de la diffusion de la version papier de ces titres (à comparer par exemple  aux 318 000 exemplaires du Monde), ces chiffres sont en fait à prendre avec des pincettes.  Les  journaux agrègent allègrement  mises à jour aux téléchargements initiaux. Chaque téléchargement ne correspond alors pas à un iPhone équipé. Ainsi parmi les 1,9 million de téléchargements de l’application du Monde seuls 1,4 sont des installations initiales, le reste étant constitué de mises à jour. De même pour 20 minutes, qui compte environ 80 000 mises à jour parmi ses téléchargements.

Par ailleurs, impossible de savoir ce que deviennent les applications une fois téléchargées. Sont-elles consultées ? Sont-elles mises à jour ? Les seules études que réalise Apple sur le sujet sont mondiales et ne font pas la distinction entre jeux et actualité. Seule solution pour comprendre comment un détenteur d’iPhone consulte ses applications : les enquêtes qualitatives.

Bon moyen d’augmenter la diffusion des contenus, les applications relèvent également, pour Luciano Bosio, directeur de la stratégie, des études et de la communication du groupe Le Figaro, d’une « obligation de marque ». Il faut donc, pour les titres de presse, être présent sur l’iPhone. Les applications ne sont d’ailleurs pas forcément l’ennemi du papier comme en témoigne Julie Conda : « J’ai téléchargé l’appli des Inrockuptibles et depuis je me suis mise à l’acheter. »

Un bémol tout de même, contrairement aux sites internet consultés d’abord durant les horaires de bureau, on peut avoir accès à son iPhone partout, sur la plage ou dans le métro, là même où le papier résistait plutôt bien.

Luc LACROIX

Photo :  iPhone versus Print via dulnan

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